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Chabaud
Louis CHABAUD

Né en 1941 à Aubagne. Vit et travaille à Praz-sur-Arly.

    « Peintre, sculpteur, mais aussi humoriste et poète, artiste né en tous cas, doué pour le spectacle et toutes les formes d’expression, Louis Chabaud est un cas, un phénomène comme on a plaisir à en découvrir au hasard de ses pérégrinations.
    Originaire d’Aubagne, la capitale des santons, pratiquement orphelin au départ, c’est de lui-même, par instinct, que cet ancien titi de la rue et des plages, tantôt marchand de glaces, tantôt vendeur de marrons, est venu à la peinture vers l’âge de 13 ans, soutenu par l’affection de deux maîtres de rencontre : Marius CHAVE, grand santonnier, et surtout Théo SICARD, peintre provençal. 
    Pendant longtemps, Louis Chabaud mena de front deux métiers, celui d’amuseur, pour le compte du Club Méditerranée et celui de peintre paysagiste, dans la tradition provençale.
    Jusqu’au jour où clandestinement dans les affres du doute, il osa s’éloigner de sa manière « commerciale » pour commencer, sur les pages d’une sorte de journal intime dessiné, des recherches vraiment personnelles, qui allaient peu à peu l’amener aux élucubrations poético-délirantes caractéristiques de sa manière d’aujourd’hui : un style développé dans le dessin et la peinture d’abord, puis plus récemment la céramique…
    Comme l’art naïf, l’art populaire est toujours fortement narratif, teinté d’humour et de moralisme. Je ne sais si Louis Chabaud se considère comme un artiste populaire, mais qu’il s’agisse de ses grandes peintures, d’un onirisme fortement poétique, ou de ses céramiques colorées à thème, qui manifestent un souci évident de provocation, toutes ses œuvres semblent furieusement animées du désir de prendre la parole. C’est une sculpture ou une peinture humoristique au départ, pleine de jeux de mots, gags, grimaces et double-fonds, d’une inspiration plutôt morale et critique apparentée davantage à un certain dessin de presse, ou à une certaine BD qu’à l’art souvent guindé des galeries.
    Truculent, chaleureux, un rien sentencieux parfois, il développe avec la verve du fabuliste, une critique essentiellement bienveillante des ridicules de la comédie humaine.
    Certains trouvent l’œuvre de L. Chabaud inégale. Bien sûr, tout n’est pas d’un même niveau dans l’atelier d’un artiste. Pour ma part j’y aime la vie, la profusion, la fantaisie.
    Chabaud l’amuseur restera toujours Chabaud. Dans la grande salle de sa grange atelier, une installation, hommage à Pollock, présente la table à déjeuner, des assiettes, des couverts. Au fond d’un tiroir à demi ouvert, on peut lire ces mots :
 Le jour où l’on pourra manger les cons, finie la famine »                                

Laurent DANCHIN


    « Le travail de Louis Chabaud peut sembler à son image : forte, sonore et immédiate.
    La représentation toujours narrative fait surgir sa singularité d’un jeu d’opposition. Les contraires s’enlacent, les doubles s’imbriquent, les uns se coulent dans les autres, les opposés s’affrontent pour mieux s’aimer…
L’immédiateté ne saute aux yeux que pour mieux se cacher : au contraire elle est l’expression d’une dialectique, d’une ambiguïté, d’une vibration des différences. Il ne s’agit pas tant de présenter le spectacle d’un art grossier et sans culture que de pervertir la culture grossière de la représentation spectaculaire.
    Les couleurs sont à l’avenant: les plus criardes se marient, les plus acides se mêlent, les plus provocantes se combinent… Avec Louis Chabaud le mauvais goût, la redondance, le kitsch s’affichent avec insolence. C’est un art qui ne veut pas dire son nom, mais un art qui veut péter le feu. Un art modeste qui ne renierait pas sa filiation avec la figuration libre. Mais du grand art pourtant, au sens d’une alchimie, où la matière brute se révèle ».

J. F. Maurice