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Chabaud
Daniel LE SAUX


Né à Quimper en 1963. Vit et travaille à Rezé (44)


    « A force de bosser sur le milieu marin, on commence à ramasser des os de poissons ». C’est comme ça que l’hydrobiologiste Daniel Le Saux, enseignant de son gagne-pain, s’est mis à arpenter les grèves pour glaner des crânes, des vertèbres, puis des offrandes maritimes, moins prisées des scientifiques. Gants de caoutchouc, chaussures plastiques, bouées, bidons et autres débris de l’activité halieutique et plaisancière de nos côtes, ont rejoint les os dans son cabas. Après son drôle de marché, Daniel fait des « tableaux » avec une invention épicée d’humour tendre et relevée de couleurs généreuses. Exit la science et bonjour l’art ! Un art à mi-chemin entre la peinture, la sculpture et le collage…
 Dépaysés, réordonnés, assemblés, peints et mis en scène, les objets récupérés subissent d’étonnantes métamorphoses et deviennent des espèces inconnues, étrangement vivantes…
Rezé Magazine n° 43


    « Les poissons de Daniel Le Saux peuvent être doux au toucher quand on sait les prendre dans le sens des écailles et tellement vifs sous la main qu’on croit tenir sous leurs frétillements les premiers frissons du vivant. Ses marins poursuivent cette quête. La mer est pour eux un grand coffre où ils puisent des trésors qui ne cessent de les étonner. Sans tomber dans les fantasmes insensés d’Achab poursuivant Moby Dick, ils se laissent eux aussi entraîner par les poissons. Loin en mer bien sûr, mais aussi quand ils sont à terre où ils se complaisent dans des hallucinations : les poissons leur servent de montures, chevaux ou chiens, et volent au-dessus des maisons, étoiles, oiseaux ou avions. Ils se retrouvent sur le quai, où ils complotent, imaginent des stratagèmes pour rendre visite aux poissons, pour les suivre jusque dans les fonds.
    A vivre si près des poissons, ils finissent par leur ressembler. Voilà pourquoi leurs têtes se réduisent et se profilent en gueules, pourquoi leurs ventres s’étirent et s’arrondissent, pourquoi leurs jambes finissent en queue de poissons. Ces transformations peuvent un jour servir. Car, de plus, ils savent ceci : le métier n’est pas sans risque : les croches sur le fond, les déferlantes, les cargos aveugles qui éperonnent sans même froncer un sourcil. Les voilà tous au fond, « flottaison blême et ravie » descendant la grande bleue, ça peut leur servir, pour l’accueil, ces profils de thon. »
    Charles Madezo
 

    Cela ressemble à une vaste mise en boite. Une mise en boite pour faire sourire, version canular, mais aussi pour engLe_Saux des émotions sous forme de collections. C’est le côté naturaliste de Le Saux qui observe les hommes autour de lui et les met en boite à sa manière, inventant des personnages qui surnagent dans des histoires absurdes, toujours aux prises avec d’étranges poissons, poissons volants en escadrons de mer, poissons obus, poissons symboles de la tentation. Jamais dans l’assiette, les poissons, jamais l’œil rond planqué derrière la rondelle de citron, comme les préférait Boby Lapointe dans la maman des poissons…
Nathalie Couilloud