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Jean LEBEAU
Jean LEBEAU

Né en 1942 à Favincourt (52).Vit et travaille à Bouvron (44)


    Un « ferraillou », voilà comment se décrit notre artiste. A la croisée des chemins, entre sculpteur, ferrailleur et soudeur, il réinvente un monde drôle, tout en fer rouillé. Mais sous ses dehors ludiques et imaginatifs, l’homme cache beaucoup de rigueur.
    Autodidacte, Jean Lebeau accumule les expériences avant de tomber amoureux des ferrailles. Il observe ses collègues, touche à tous les matériaux, le bois, la pierre, le marbre. Sa passion est le fruit d’une rencontre inopinée avec quelques carcasses oubliées au fond de la Loire, au retour d’une soirée de fête. Le coup de foudre.
Dans sa maison au cœur de la campagne nantaise, l’homme amasse des trésors rouillés : bouts de navires, vieux outils, pièces d’engins agricoles ou industriels, vrilles et autres vieilleries qui sont la matière première de ses créations
    « Il faut de la réserve pour trouver la pièce qui conviendra à une sculpture. Je ramasse celles qui me plaisent dans le tas en les retournant sous toutes les coutures. Au début, je ne récoltais pas les bouts de tôle tordus. Je choisissais seulement des pièces rigides, solides. »
    La sculpture sur ferraille est un jeu de construction qui ne supporte pas la facilité. L’équilibre est prépondérant… Et pour y arriver, moins il y a de composants, mieux c’est. Éliminer le superflu, voilà l’astuce.
Extraits d’un article paru dans Pratique des Arts n° 19


    « Jean Lebeau joue avec de vieux outils, tôles tordues, ferrailles hors d’usage… mais que l’on ne s’y trompe pas, ses créations ou récréations sont l’aboutissement d’une pure recherche artistique, impliquant la rigueur de la démarche et la liberté de l’interprétation.
    L’originalité de sa vision passe par une grande maîtrise du hasard des formes, guidée par une forte sensibilité et un humour retenu. »
    Henry-Pierre Troussicot

    « Tu te dis ferrailleur, pour mieux cacher ton art,
Tu regardes le tas rouillé enchevêtré. Ils disent qu’une mère n’y trouverait pas son veau. Toi tu y trouves un ours, un pingouin, un poisson, un éléphant, un singe et des chevaux au galop.
Dis, comment savais-tu l’oiseau caché dedans ?
Un œil t’a jeté un regard implorant, attendrissant, ému.
Vous avez ri ensemble, vite, pour ne pas pleurer.
Cet oiseau prisonnier de la rouille du temps, regarde-le danser sur ses longues gambettes.
L’ours est sorti ankylosé ; la tôle a mal d’être pliée, elle devient douce comme une arche, pour abriter un cœur trop gros.
     Ours pêcheur, ours lécheur, ton amour le dévore, ce poisson que tu tiens dans ce baiser cruel... »
Marie Rialland