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Chabaud
Céline RANGER


Née en 1972 à Tours. Vit et travaille à Nantes (44)

    « Enfant, sans que rien de mon environnement familial ne le prédispose, j’ai ressenti une insatiable faim de dessiner, modeler, créer… J’ai toujours été fascinée par l’atelier de mon père, des dizaines et dizaines de petites boîtes soigneusement étiquetées, empilées, les vieux outils accrochés au mur, les grosses caisses en bois regorgeant de vieilles quincailleries. Leurs contenus ont alimenté mon imaginaire. Telle pièce assemblée avec telle autre devenait une entité à part entière… Plus tard, sensible à l’univers de l’art, j’ai suivi pendant près de cinq ans des études d’Arts Appliqués à Paris qui m’ont conduite à un métier correct, convenable de graphiste… une discipline de création certes, mais trop bien huilée, rigide… Il fallait suivre les rails, aucune folie n’était vraiment autorisée… Puis, au fil des années, se mit en place un décalage latent, insidieux, pesant, avec ce monde cannibale, productif, rentable… D’abord, il y eut des bruits étouffés, sourds puis déchirants… évidents. Alors un jour, il fallut sauter le pas pour s’affranchir de ce carcan. Faire demi-tour. Revenir à la source, à l’essentiel. Oser se regarder en face pour ne plus se perdre. Oser prendre les armes pour lutter, pour cet espace de liberté que nous offre l’art. Ce fut donc en hurlant que sont nés les « pinpins ». Je n’avais jamais assez de temps. Tous se bousculaient, tous voulaient être libérés, exister… »

Céline Ranger


    « Personnages et animaux facétieux désarmants d’humour et de candeur, compositions oniriques, énigmatiques, campées sur leur trop-plein de mystère, véhicules inattendus et faussement archaïques, boîtes à malice ou à sortilèges, cerceaux, cages, manèges répondant à des mécaniques primaires et déroutantes de modestie… Voilà autant d’éléments constitutifs de l’univers « pinpinesque » de Céline Ranger. Les « Pinpins », ce sont ses petits êtres intemporels que leur pose innocente éternise et qui nous arrivent marqués du sceau de l’étonnement, de la tendresse, de l’enfance et du secret dont elle les pare...
    Sa sculpture-assemblage, pour reprendre une de ses expressions, appuyée à la fois sur l’emploi du pinsé (bois flotté) et des objets de rebut, illustre parfaitement le renouveau d’une pratique, longtemps répertoriée comme celle d’individus asociaux et méprisés, qui gagne aujourd’hui enfin ses lettres de noblesse. Par la sobriété même des moyens employés, la parfaite adéquation des éléments entre eux, la force d’expression des matériaux bruts et l’intelligence de ses compositions, son œuvre crée un effet d’envoûtement dont on ne saurait dire s’il est davantage lié à l’aspect innocent de ses scènes ou à la charge quasi-tragique dont sont porteuses nombre de ses pièces faussement anodines. Confrontés aux visions récurrentes de cette artiste, nous sommes alors renvoyés à notre propre imaginaire, à nos fascinations premières et reconduits aux portes des greniers de nos enfances..

Guy Bugeau