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TRAÇOTHÈQUE OÙ, QUAND, COMMENT?

Joël CRESPIN
Joël CRESPIN

     Né en 1956, vit et travaille dans le 93.

    Autodidacte, fou de couleurs vives et de matières, il utilise des toiles froissées mélangées à de la colle, des tissus de textures différentes pour constituer le fond de son tableau.

    « Trimer la trame. Je choisis un beau châssis que je pose couché ; j’y colle du tissu, je maroufle, gondole, encolle et décolle. Je patauge tel un cochon dans son auge. Lorsque la toile est encore aimante, je l’enduis. Je cherche, trouve et cerne. Puis arrive la couleur…, si l’on sonne, il n’y a personne.
    Le tissu est une matière noble, je le choisis pour ses trames, ses coutures, ses plis. Ces derniers me font penser au sensuel plissement de la peau. Ils m’inspirent tout d’abord une esquisse, puis je dispose des valeurs couleurs. Chacune d’elles a un poids, une profondeur, une ombre, un relief… »

    Avec leurs grands yeux noirs écarquillés et leurs nez gonflés de boudin mou comme pour mieux renifler des odeurs de fausse sainteté, avec leur air de clown triste et leur couleurs bariolées, les personnages de la vie fantasque de Crespin ressemblent à des séraphins aux ailes coupées, tombés à la fin d’une fête ratée… Un embrouillamini de rayures, carreaux, petits pois… se pressent dans ses historiettes venues tout droit de comptines enfantines.

Anne Kerner

    Des touches et des couleurs pour ciseler des prairies d’enfance. Le geste libre et fébrile se conjugue à l’intimité fragile et mystérieuse. Place au spectacle et à l’insolence, place à la douce rébellion, pour redonner à l’atmosphère les couleurs de la scène effervescente du théâtre. Un vent de grâce qui bouscule toutes les formes, toutes les perceptions, tous les consentements. Ici, on entre de pied ferme dans la mouvance éphémère et gracieuse. « L’art brut » dit-on, un art fragile qui invite au voyage, je dirais. Voyage des formes, voyage des couleurs, voyage des matériaux. Un voyage dans l’ici sensible. Un voyage dans la mémoire éthérée. Un voyage dans la peau même du combat entre l’image et les images, entre la vision et les visions. Joël Crespin nous interpelle comme un compagnon intime qui s’adresse à notre « arrière mémoire », notre « arrière langage ». Il féconde ainsi l’arrière pays mental, là où la forme rejoint le fond.

                                                           Youssef AMGHAR


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