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Isabelle Bonafoux
Isabelle BONAFOUX


    Née en 1959, vit et travaille à Nice

    Les  primitifs contemporains sont des artistes qui, aujourd'hui, construisent eux-mêmes leur propre langage. Leur expression est spontanée, instinctive, hors du temps, des modes et de toute référence savante, au plus près de leur nécessité intérieure. En inventant leurs mots, leur grammaire plastique et leur technique, ils affirment leur liberté et proposent un ressourcement vers une enfance ou un état premier de l'art, immédiatement lisible par tous.

    Isabelle BONAFOUX  est de ces artistes-là. Elle raconte des histoires hors-histoire. L'anecdote devient, avec elle, récit légendaire, mythique, intemporel . Elle propose un retour à la fraîcheur, à l'innocence et à la pureté originelle du monde. 

 Pierre SOUCHAUD Artension 2008


    Comme la nature, Isabelle Bonafoux a horreur du vide ! De sorte que chacune de ses peintures met en scène un monde fait de plages hermétiques, “emplies” et “encloses” tantôt en noir et blanc à l’encre de Chine , tantôt en de belles couleurs douces… Dans chaque alvéole “résident” des êtres, humanoïdes sans réalisme, souvent d’ailleurs réduits à des bustes ; serrés, encastrés...  S’ils sont entiers, leur vêtement est délicatement décoré comme pour une fête. Costumer ses personnages et concevoir pour eux des masques plutôt que des visages, sont deux des impératifs picturaux de l’artiste. Si ces individus sont masculins, ils tombent, s’accrochent dans des déséquilibres et des gestes maladroits, portent fraise brodée ou larges capuchons pointus, comme jadis les fous des rois ! Si ce sont des femmes, elles sont nues la plupart du temps, comme libérées, fières de leur beauté. Elles dansent, bras levés et longues jambes en extension. 

    Parce qu’installé sur des obliques, tout ce petit monde donne une grande impression de mouvement, paradoxal dans des espaces restreints, en ces lieux imprimés de signes récurrents : des cartes à jouer, des dés, ces symboles de débauche et de convoitise, généralement minuscules certes, mais nombreux sur chaque œuvre… Par le truchement de leur regard toujours lointain et de profil, mélange indissociable d’incommunicabilité, de permissions arrachées et de transgressions, Isabelle Bonafoux trouve son propre horizon, sa sérénité et son équilibre. 

    Le même sentiment de plénitude règne sur ses sculptures, porteuses de la même problématique, puisqu’elle en conçoit résolument les protagonistes “opprimés”… Pourtant, gaies, colorées ; en des tons identiques à ceux des peintures, leur forme totémique donne de prime abord au spectateur, l’impression de personnages autonomes tendus vers le ciel…

    Et c’est ainsi que, peintre ou sculpteur, Isabelle Bonafoux, passant du jeu au drame, pousse en un patchwork de couleurs lumineuses et tendres, les pions de ses petits théâtres de la vie ; de ses histoires intemporelles ; de ses “écrits” picturaux ou sculpturaux qui sont, chaque fois, de grands moments d’émotion jugulée. 

Extraits d’un texte de Jeanine Rivais, publié en 2010 dans le bulletin des amis d’Ozenda no 67


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