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Moss
MOSS


   

    Né en 1952, vit et travaille à Frontignan.


    « Mon enfance, c’est la mer méditerranée ! Dessiner sur la terrasse ensoleillée de la maison familiale en regardant passer les convois militaires et en observant les hommes graisser leurs armes. On est en pleine guerre d’Algérie. Les atrocités engendrées par toutes les guerres sont notre quotidien. Mais l’enfant que je suis joue aux petits soldats et sur mes feuilles blanches, je crée mes premières BD. J’invente des plans de bataille, sans trop comprendre ce qui se passe dans la rue !

    Innocence de l’enfance ! Belle, cruelle et tendre enfance…

    Mais un jour, il faut partir… Alors on nous entasse dans un très grand bateau et le voyage commence… rapatriement, déportation ?... Je ne suis plus jamais retourné à Alger, mais mes totems, eux, y sont allés, à l’ambassade.

    Mon adolescence est très rock en roll. Avec les potes, on forme un groupe : les steetmen. ..

    Mai 68 nous fait rêver d’un monde plus juste et plus humain. Et quand je trouve un peu de temps, je retourne à mes pinceaux.

    À 18 ans, marié et père d’un petit garçon, je rejoins la cohorte des 3x8…, c’est le tempo de la chaîne et de la pointeuse. Croupier dans un casino…Chômeur, deviens braqueur de banque….

les billets craquent, les banques raquent. Et les voyous tombent en flag, un beau matin, je suis attendu.

Treize ans ! C’est lourd, mais il faut payer la dette à la société… »

extraits d’un texte paru dans MOSS artiste rebelle, édition bann’art


    La peinture, son travail enfermé, la sculpture son travail à l’air libre. Deux mondes différents, deux expressions, deux méthodes, et un seul artiste. Pour comprendre, on est forcé d’aborder son parcours. Une vie qui dérape avec à la clé une peine de treize ans d’enfermement. Entre les quatre murs de la prison, Moss trouve en la peinture son unique échappatoire. Il n’a de cesse de couvrir le blanc des toiles pour s’évader, pour exprimer ses souffrances, pour évacuer les humiliations, pour communiquer avec l’extérieur. Dans la cellule un artiste nait. Au bout de six ans de créations non-stop, Moss bénéficie d’une remise de peine. Il sort prématurément en tant qu’artiste… Le grand changement, c’est alors le volume ; à peine sorti, il se jette sur les bois flottés qu’il transforme puis il s’attaque aux traverses de chemin de fer à la tronçonneuse.

    Hier, des barreaux, de la violence, des couleurs. Aujourd’hui, de la vie, de l’humain, de l’humour… Moss poursuit son parcours d’artiste libre. Quelle belle réussite de réintégration dans la société par l’art.

texte anonyme paru dans Moss, artiste rebelle, édition bann’art

   



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