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François CHAUVET
Les années 2000

« Que disent à François Chauvet les cailloux, les racines, les écorces, les ramures glanés le long des chemins de campagne ? Les clous et les pointes rouillés au fond des tiroirs ? Que lui confient à l’oreille tous ces matériaux apparemment sans valeur qu’il recueille avec délicatesse et respect  au hasard de ses vagabondages ?

L’artiste nous entraîne dans un univers à la fois grave et léger remodelé par son imaginaire.  Le bleu délavé teinte la matière brute, le rose se dilue sur les visages. Le jaune, le rouge, le brun, le blanc et le noir font ressortir les silhouettes. On ligature, on médite, on conciliabule, on interroge, on tient conseil dans une ambiance feutrée toute de patience et de poésie. On devine la tendresse dans ces regards mi-candides, mi-moqueurs qui nous observent et dans ces lèvres qui chuchotent sur la toile.

De la fraîcheur, de la spontanéité et une pointe d’humour aussi.

L’œuvre de François Chauvet est un miroir, celui d’un artiste émerveillé et solitaire qui rêve le quotidien et nous invite à rêver à notre tour. »

Thérèse André Abdelaziz, 2007


Ce flou des formes arrive de loin et semble s’arrêter là, à la frontière de ce monde et d’un autre. Ce flou, qui semble dire qu’est sortie, à l’instant même, cette ressemblance avec une forme déjà aperçue, arrive cependant d’une lente et longue et savante application.

D’une apparence brute par les assemblages de matériaux, surgit quelque ombre éclaircie dans une délicatesse avertie, comme parfois semblent l’être les ailes des libellules ou l’évanescence d’un papillon. Mais le regard ne doit pas s’y laisser prendre. Subjugué, il doit avancer dans le mouvement inverse de l’envol léger, se poser, s’attarder sur les façons des supports et des encadrements. Une minutie d’orfèvre laissant voir le brut des matériaux d’origine, révélant d’eux-mêmes les longs maniements d’objets ramassés, les grands laps de temps pendant lesquels chaque chose endormie est restée effacée, absente ou oubliée et puis un jour, autre voyage, autre rangement, découverte, et alors révélée en son sens éclatant d’une vie juste éclose.

Le savoir voir entraîne cette sorte d’appariement improbable et produit cet effet de découverte évidente dans et justement avec cette accentuation extrême des supports à leur présence... Le temps passé amène à la forme dépassée.

Geneviève Roubaud, 2007


François Chauvet
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