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Odile Ferron-Verron
Odile FERRON-VERRON

   
        Née en 1944, vit et travaille à Noyal-Chatillon, près de Rennes.
        Elle est l’intrus invitée de cette expo 18.
    
        Depuis le milieu du XIXème siècle et la révolution industrielle les peintres se sont emparés avant les  photographes des paysages industriels en tant  que sujets. Hier symboles de la modernité et de l’activité et aujourd’hui des angoisses et du vide d’une fin de civilisation… En peintre expérimentée, Odile Ferron-Verron traque l’esthétique de l’étrange. Plein cadre, plein centre, elle peint des machines énormes, laissées dans la nature, abandonnées ou soigneusement rangées. Ces monstres absurdes attendent peut-être d’attaquer, voire sont déjà en action, en suspension dans le ciel sans tache d’un bleu intense glacial… La technique est sûre, moderne. Les couleurs pures fabriquent une beauté figée quasi fascinante qui concentre notre regard et impose une vision inquiétante d’un monde vide d’humains. Un monde figé comme avant de disparaitre.
Lyon poche 2009.
   

Extraits d’un entretien publié  en 2012 dans Routes no 28

    Pelles mécaniques et autres machines de chantier représentent votre univers pictural. Comment avez-vous eu l’idée de cette thématique ?  

    F.-V. : Par une rencontre fortuite ! J’ai été, pendant longtemps, attirée par les paysages de friches, de zones industrielles désaffectées, là où la nature reprend ses droits sur une civilisation qui petit à petit s’efface. Et un jour, au détour d’un chantier, je me suis rendu compte que les machines, ces carapaces pensantes chose à nous , avaient quelque dire sur nous-mêmes.

    Quel est le rapport entre les machines et nous ?

    F.-V. : Les machines semblent s’interroger. Elles sont d’une certaine manière une métaphore de l’homme. Je les représente souvent dominées par un ciel d’un bleu implacable, indifférent et sur un sol neutre, désolé : cela traduit bien leur vulnérabilité et leur questionnement sur l’existence. Le godet que j’ai peint pour la Fondation Colas se demande quel chemin il va emprunter dans le paysage infini qui l’entoure. Le champ des possibles est grand.

    Familière des chantiers, quel regard portez-vous sur le monde des travaux publics ?

    O.F.-V. :J’aime me rendre sur des chantiers car je ne conçois pas de peindre sans observer « mes » machines. Je veux un rendu le plus précis possible, elles doivent être capables de remplir leur fonction, même si je laisse, bien sûr, une part à la création. Pour moi, un chantier est comme un élan, une rencontre. On est happé ! S’ils sont intrigués, au début, les compagnons sont vite fiers du regard bienveillant et respectueux que je porte sur leur univers… 


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