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Sophie Noël
Sophie NOËL, bricoleuse.

     Née en 1968, vit et travaille à Albi

     « Originaire du Havre, c’est sur les plages que j’ai commencé à glaner. Aujourd’hui, récupérer est devenu une habitude, un mode de vie. J’aime ou je n’aime pas. Je récupère ou je ne récupère pas. Finalement, collecter est une affaire de goût, une question de regard. Avec tous ces trésors collectionnés, comment ne pas jouer à improviser, à bricoler ? Ficelle, plâtre, fil de fer, colle ... voilà les débris assemblés pour donner vie à des personnages, pour une autre histoire ... »

        Sophie Noël est une artiste autodidacte singulière. Parce que ses assemblages possèdent une puissance d'évocation naturelle absolument saisissante. Une artiste ? Sincèrement et sans fausse modestie, elle préfère dire bricoleuse. Parce qu’elle utilise des vieux chiffons, des parties d’objets, du fil de fer rouillé pour nouer ou coudre ses morceaux. Morceaux éparpillés, pièces de tissus, bouts de ficelles et bouts de chandelles, portions incongrues, matière inerte qu’elle a commencé à ramasser au gré de ses balades sur les plages normandes…

         Elle compare ces débris aux vieilles souffrances, aux cicatrices que l’on voudrait voir disparaître à tout jamais et qui refont surface, comme la mer ramène les épaves oubliées sur la grève, à l’image de la vie qui fait souvent réapparaître des “fantômes”. Pour elle, ce sont «des trésors sauvés des flots». Sophie Noël a d’ailleurs signé une installation qui rend hommage à son élément préféré "mer nourricière". Elle vous dira qu’un voyage en Afrique a bouleversé sa vie…

        Récupérer est devenu son mode de fonctionnement. Car cette phase de collecte est primordiale : c’est une affaire de goût, de choix, une question de regard et sans doute un premier geste artistique. Assembler c’est mettre en relation, provoquer des rencontres, communiquer … comme en écho à son ancien métier. Retrouvant la fréquence avec l'enfance, Sophie tâtonne, s’amuse à rapprocher les débris, les rassemble et les assemble « comme ça vient ». Sans se poser de questions, elle coud, cloute et colle, épingle et peint, arrange finalement le tout "à l'africaine" ! « Je ne suis pas dans la précision et le travail bien fait. Je préfère une couture irrégulière par exemple ». Parce que l’art n’est pas la recherche de la perfection. Parce que c’est ennuyeux la perfection.

        Travailler avec des objets abîmés et rejetés, c’est brut, mystérieux, spontané, c’est une manière de parler du passé refoulé et de la souffrance universelle…

Extraits d’un texte de Didier Rougeyron, auteur, Lyon, octobre 2013

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