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Nadine VERGUES
Nadine VERGUES

  

   Née en 1957, vit et travaille en Aveyron

    Nadine Vergues  vient du terroir. Elle en a l’authenticité, la simplicité, la sincérité, la sensibilité, la sagacité aussi. Ses parents travaillaient la matière et créaient des contenants, de quoi « envelopper » les hommes : des charpentes pour son père, des habits et des tricots pour sa mère. Elle  travaille aussi la matière, mais elle en fait émerger un contenu. Une matière souple comme celle qu’utilisait sa mère, qu’elle « usine » avec des outils comme en maniait son père. Quelle matière ? Pas une matière noble, qui serait à son service, non ! Une matière de rebut, une matière noire et sans forme, dont elle seule pouvait entendre le cri et percevoir le défi. Car les défis, c’est sa spécialité. A ses yeux, il n’y a pas de causes perdues d’avance. Elle en a fait l’expérience. Enfant rebelle, l’école ne croyait pas en elle. Mais la directrice de l’école des Beaux-Arts de Sète la repère alors qu’elle n’a que 16 ans. Et Nadine Vergues se met alors à travailler avec acharnement. Après Sète, elle entre aux Beaux-Arts de Toulouse. Puis la vie lui lance d’autres défis. Qu’elle relève toujours avec succès. Il y a tant à faire pour les gens, tant à faire pour les enfants. Elle va s’occuper de ceux que la vie a blessés, que la société a rejetés. Ultime famille d’accueil. Elle met un temps au ralenti sa pratique artistique. Mais sa quête intérieure reste intacte.

    Un jour, un beau jour, un jour venteux, un jour pluvieux, une rencontre va changer sa vie. Au milieu d’un tas de déchets d’usine. « Un jour par hasard, dit-elle, je tombe sur un bout de feutre industriel, celui qui sert entre autres choses d’isolant aux voitures. Cette découverte a été un choc, j’ai compris ce jour-là que j’étais sculpteur. Me restait à trouver comment utiliser ce matériau rudimentaire et brut que j’ai aimé tout de suite. Pour le mettre en formes, j’ai développé un lexique, une technique, détournant des outils du fer, des outils du bois. Le fer à souder est devenu ma main droite. J’altère, je brûle, je rouille mon feutre, je le maltraite et je le découpe, je le fonds en une sorte de geste automatique. Une histoire se raconte à chaque fois. Depuis, habitée par une irrépressible frénésie de création, je travaille sans relâche. Aujourd’hui, ce matériau n’a plus de secret pour moi, la guerre n’est plus entre nous deux, nous sommes alliés pour le meilleur. La guerre est maintenant contre ce temps que je dois impérieusement rattraper.

    Nadine Vergues voit ce que les autres ne voient pas. Là où nous voyons objet, déchet, déchéance, déprime, elle voit sujet, souffle, potentiel, espérance. De ce matériau de rebut, elle fait émerger des êtres plus ou moins fantomatiques, qui disent la souffrance, la solitude, la révolte, le partage, l’amour. Elle donne la parole aux armées humaines réduites au silence. Son œuvre est éminemment politique, elle combat toutes les idées reçues et échappe aux clichés. Ne cherchez pas à l’enfermer, à l’étiqueter, vous n’y parviendrez pas ! Du textile ? Oui, mais un textile industriel, travaillé avec les outils du soudeur. Des œuvres parfois monumentales ? Oui, mais légères. Légères ? Oui, mais sans fragilité. Résistantes. Oui, résistantes, dans tous les sens du terme. Et elles résisteront. Aux modes, au temps, à la fugacité de l’instant. Parce que « pour chaque création, chaque jour, je fouille le fond de mes tripes. » dit Nadine Vergues. « Je suis profondément sincère dans chaque acte et dans chaque pièce. Sincère, sans aucun artifice ni concession à qui que ce soit ou à quoi que ce soit. Je suis libre et authentique. »

Textes de Laetitia Crahay  pour le site de Nadine Vergues

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