VAILLY Odile

VAILLY Odile

Née en 1958, vit et travaille en Côte d’Or. École des Beaux-Arts de Beaune puis Arts Déco à Paris. « Toute petite, j’aimais jouer avec les petits fagots de fil de fer qui servaient à attacher la vigne ! Depuis une vingtaine d’années, ce matériau s’est imposé ! Dessiner avec le fil – noué, plié, torsadé, donne force et rigueur à mes œuvres, et c’est pour cela que j’utilise du fil très fin. Lorsque je termine une œuvre, j’aime découvrir l’ombre qu’elle projette avec la lumière. Quand j'étais enfant, on m'a toujours appris qu'il ne fallait pas rester à ne rien faire. J'avais une grand-mère qui tricotait beaucoup, et je travaillais souvent avec elle pendant les heures de sieste des après-midi chauds. Elle me racontait des fables, des contes. Je continue avec mon fil de fer. » Odile Vailly est une fileuse. Elle file le temps, emmêle et démêle le fil de son histoire, de la nôtre. De ses mains de Parque, elle tisse de son fil de fer les méandres de notre enfance. Avec elle, nous retrouvons le goût de nos promenades, de celles où nous ramenions délicatement dans nos poings fermés, les trésors que nous avions dénichés, un caillou, une bille, un insecte… Nous revenions de notre course folle, ébouriffés pour le goûter. Devant la boulangerie du village deux commères se racontaient les derniers potins ; le chien qui s’ennuyait, tirait sur sa laisse et la voisine nous épiait derrière son rideau… En pénétrant dans l’antre d’Odile, nous retrouvons tous les trésors de notre enfance empilés sur ses étagères, ses insectes ont gardé la magie de ceux que nous prenions entre nos doigts, mi-effrayés, mi fascinés. Les papillons que nous avons attrapé dans nos filets continuent de virevolter dans leurs sacs de ficelle. Les visages croisés, accrochés à ses murs nous observent avec indulgence et amusement. Odile a dénoué les nœuds de notre histoire et nous a emmêlé les uns aux autres, tissant un lien solide entre nous, à travers le temps et l’espace : celui de nos enfances… Joëlle Daviet Elle tord, elle file, elle tresse. Un éléphant buvant du champagne. Une bonne femme au regard tourbillon. Ça tord, ça file, ça tresse. Des croisillons s’éparpillent au loin pendant que papa cochon termine repas. Tord, file, tresse, le monde fantastique est là. Un habile coup de crayon dessiné dans le vide. Les ombres sont au rendez-vous quand le soleil s’en mêle. Mais cette trompe, est-elle devant ou bien derrière ? Et au juste, à qui appartient ce bras, mademoiselle J ou mademoiselle K ? Le mystère reste à élucider, à détordre ou à démêler. La meilleure piste, c’est l’artiste, la maîtresse de maison de cet intérieur secret. Commençons peut-être par ses cheveux frisés, toutes ces boucles qu’elle a sur la tête, qui a bien pu les lui tricoter ? Monsieur V.